(Actualisé tout du long; TV à disposition)
par James Pomfret et Jessie Pang
Le magnat de la presse et éminent activiste pro-démocratie Jimmy Lai a été condamné lundi par un tribunal de Hong Kong à une peine de 20 ans de prison pour atteintes à la sécurité nationale, après avoir été reconnu coupable des chefs d'accusation de sédition et collusion avec des puissances étrangères.
Cette condamnation marque l'épilogue d'un feuilleton judiciaire de premier plan qui s'est étiré sur près de cinq ans dans l'ancienne colonie britannique et a été suivi de près par la communauté internationale.
Jimmy Lai avait été arrêté en août 2020 en vertu de la loi de sécurité nationale imposée quelques semaines plus tôt par la Chine en réponse aux vastes manifestations antigouvernementales de 2019 à Hong Kong.
Fondateur du journal pro-démocratie Apple Daily - contraint à la fermeture en 2021 -, Jimmy Lai avait été reconnu en décembre dernier coupable de collusion avec des puissances étrangères et de sédition.
Le tribunal a justifié lundi l'ampleur de sa condamnation en décrivant Jimmy Lai comme le "cerveau" d'un complot d'ingérence avec des puissances étrangères.
Jimmy Lai rejette toutes les accusations le visant. Il a déclaré lors de son procès être un "prisonnier politique" victime d'une persécution de la Chine, tandis que les appels à sa libération se sont multipliés en marge de sa détention, notamment en raison de son état de santé fragile.
Pékin assure que le procès de Jimmy Lai a été équitable.
Des dirigeants mondiaux, dont le président américain Donald Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer, ont critiqué le sort de Jimmy Lai, 78 ans.
Keir Starmer a dit avoir évoqué le sujet lors de sa visite en Chine en janvier durant laquelle il a notamment rencontré le président chinois Xi Jinping. Donald Trump avait dit également avoir discuté de Jimmy Lai lors d'un entretien avec Xi en octobre dernier.
"COUP FATAL À LA LIBERTÉ DE LA PRESSE"
"La règle de droit a été complètement brisée à Hong Kong", a commenté Jodie Ginsberg, directrice générale du Comité de protection du journalisme (CPJ), ONG basée à New York. "La décision scandaleuse de ce jour est un coup fatal porté à la liberté de la presse à Hong Kong".
Il faut que "la communauté internationale accentue ses pressions pour libérer Jimmy Lai si nous voulons que la liberté de la presse soit respectée où que ce soit dans le monde", a-t-elle ajouté.
Plusieurs diplomates occidentaux ont déclaré par le passé à Reuters que des négociations pour la libération de Jimmy Lai, qui possède également la nationalité britannique, pourraient véritablement démarrer uniquement après sa condamnation et dépendraient également d'un potentiel appel.
Interrogé lundi par les journalistes, l'avocat de Jimmy Lai a refusé de dire si son client entendait interjeter appel.
La famille et l'avocat de Jimmy Lai, de même que d'anciens collègues et des partisans, avaient prévenu avant le verdict que Lai serait en danger de mort en prison en raison de ses problèmes cardiaques.
Aux yeux d'Elaine Pearson, directrice de Human Rights Watch en Asie, la "sévère" condamnation prononcée lundi est "de facto une condamnation à mort". "Une condamnation de cette magnitude est à la fois cruelle et profondément injuste", a-t-elle dit.
Des dizaines de partisans de Jimmy Lai s'étaient rassemblés près du tribunal plusieurs jours avant l'audience dans le but de s'assurer une place dans la salle.
Un important dispositif de sécurité était en place, dont un camion blindé déployé dans la zone.
(James Pomfret, Jessie Pang et Greg Torode, avec la contribution d'Andrew MacAskill à Londres; version française Jean Terzian)

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